Hippolyte Dangbeto ouvre la boîte à souvenirs

Il n'est pas revenu à d'Ornano depuis plus de 20 ans, depuis la fin de son aventure caennaise. Dimanche après-midi, Hippolyte Dangbeto* donnera le coup d'envoi de la rencontre entre le Stade Malherbe et Lyon. A quelques jours de son retour, le latéral droit du club normand entre 1990 et 1995 a ouvert la boîte à souvenirs. Le public de Venoix, le match retour de Coupe d'Europe à Saragosse, Xavier Gravelaine…, Hippolyte Dangbeto s'est confié sur tous ces thèmes dans l'interview qu'il nous a accordée.

Qu'est-ce que cela vous fait de revenir, dimanche après-midi, pour la première fois à d'Ornano depuis votre départ du Stade Malherbe en 1995 ?

"Je suis un peu excité. Je suis déjà revenu plusieurs fois à Caen, mais je n'avais jamais vu un match. Et pour le centenaire, je travaillais. En plus, Caen - Lyon, c'est un match qui donne envie de remettre le short. Je vais demander à Xavier (Gravelaine) de faire un courrier à la LFP pour faire jouer un vieux de 48 ans qui a envie de rechausser les crampons. Bon, un quart d'heure, pas plus, car je ne pourrais pas (rires)".

"Caen - Lyon, c'est un match qui donne envie de remettre le short"

Vous étiez très proche de Xavier Gravelaine quand vous défendiez tous les deux les couleurs "Bleu et Rouge"…

"Avec Benoît Cauet, Xavier, c'était mon acolyte préféré. Tous les deux, on a vécu une année exceptionnelle au Bataillon de Joinville avec l'équipe de France militaire. On faisait la route tous les deux ensemble. On avait deux bons professeurs : Daniel Jeandupeux à Caen assisté de Pascal Théault et Roger Lemerre en équipe de France militaires. Avec Stéphane Paille, Xavier était aussi l'un des deux pitres à Caen. Ces deux-là, avec Graham (Rix)… En même temps, on avait quelques sacrés numéros. Sous ses airs de petit timide, Francky (Dumas) n'était pas le dernier à faire des conneries (sic). Même Michel Rio. Quand on le regarde, on ne dirait pas, mais dans le vestiaire".

Est-ce que vous considérez que vous avez passé les meilleures années de votre carrière au Stade Malherbe ?

"Je n'oublie pas le Matra Racing où j'ai été formé avant d'être transféré à Caen ni mon passage à Sedan à la fin de ma carrière où on est monté en Ligue 1 et on a atteint la finale de la Coupe de France (battu en finale par Nantes 1-0). Mais oui, j'ai connu mes meilleures années au Stade Malherbe. Si j'avais pu, j'y serais resté à vie. C'était le top. J'y étais trop bien. Ma famille n'était qu'à 200 km (en région parisienne). Elle assistait pratiquement à tous mes matches".

Le meilleur souvenir de vos années caennaises ?

"Plus que nos exploits sportifs, je retiens le rapport qu'on entretenait avec le public, notamment à Venoix. J'ai eu la chance de connaître ce petit stade anglais. Il y avait peut-être 5 000, 7 000, 10 000 personnes, mais on avait l'impression de jouer devant 50 000. Grâce à lui, on a su se transcender. Personnellement, même quand j'étais au fond, je me relevais, car les supporters étaient présents pour nous pousser. Après les matches, on pouvait rester des heures et des heures à discuter avec les spectateurs".

"A Venoix, on avait l'impression de jouer devant 50 000 personnes"

Et à l'inverse, votre pire souvenir ?

"Comme tout le monde à l'époque, dirigeants, supporters, joueurs, ce match à Saragosse me reste en travers de la gorge (au 1er tour retour de la Coupe UEFA le 1er octobre 1992). Paix à son âme, Thierry Roland avait prononcé quelques noms d'oiseaux(1). Nous (les joueurs), on n'avait rien dit, mais on n'en pensait pas moins. On n'a pas compris. Quand Faouzi Rouissi part trois fois au but…(2) Les arbitres peuvent commettre des erreurs, mais là, c'était un peu trop gros. Je ne dis pas qu'on aurait gagné la Coupe, mais on nous a volé ce tour. On avait l'équipe pour, l'état d'esprit pour".

Quel est le joueur le plus fort avec lequel vous avez évolué au Stade Malherbe ?

"C'est difficile d'en ressortir un, car chacun à son poste était très bon. En plus, certains étaient capables de jouer à plusieurs postes différents. Mais si je devais en ressortir un, ce serait Jesper Olsen(3). C'était un latéral gauche d'enfer. Il avait un centre de gravité assez bas (1,68 m). Il donnait toujours des ballons propres. J'aurais bien aimé lui ressembler sur le plan technique, de la vista. Il avait ce truc en plus pour se sortir des mauvaises passes. Il était incroyable. Bien sûr, je n'ai pas cité Xavier. Tout le monde connaît ses qualités".

*Hippolyte Dangbeto a créé son association pour développer la pratique d'un sport qu'il a lui-même inventé : le Foot pro-training games. "C'est un concept de tennis-ballon avec des buts", explique l'ancien caennais. Plus d'informations sur www.asptg.footeo.com

(1)"J'ai rarement vu un trio de nullos pareil… Faudrait les empailler ceux-là", avait déclaré en direct, sur TF1, Thierry Roland qui commentait ce match à propos de l'arbitrage du Gallois Howard King et de ses assistants.

(2)Parti de son propre camp, Faouzi Rouissi - qui filait seul au but - fut sanctionné d'un hors-jeu.

(3)International danois (43 sélections) ; pays avec lequel il a participé au Mondial 1986 ainsi qu'aux Championnats d'Europe 1984 et 1988, Jesper Olsen - qui a joué, notamment, à Ajax Amsterdam et à Manchester United - a défendu pendant deux saisons les couleurs du Stade Malherbe (1990-1992) avant de prendre sa retraite.

Hippolyte Dangbeto

  • Né le 2 novembre 1969 (48 ans) à Grand-Popo au Bénin.
  • Franco-béninois.
  • Ex-défenseur latéral droit. 1,74 m.
  • Parcours de joueur : Matra Racing (centre de formation puis D1, 1988-1990), SM Caen (D1, 1990-1995), Perpignan (D2, 1995-1997), Troyes (D2, 1997-1998), Sedan (D2, 1998-1999), Trappes (Régional, 1999-2004).
  • Parcours d'entraîneur : Ablis-Sainte-Mesne (Régional, 2004-2007), Fola (Luxembourg), Niederkorn (Luxembourg), RC Luxembourg, Roncq (Régional, 2013-2014).
  • Avec le SM Caen : 179 matches pour huit buts.
  • International militaire et Espoir (8 sélections).
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