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Retour sur les quatre saisons du gardien avec le SMC (2014-2018)

Après 20 ans de carrière au plus haut niveau, 295 matches chez les professionnels, un palmarès long comme le bras (cinq titres de champion de France, deux Coupes de France, une Coupe de la Ligue), Rémy Vercoutre (38 ans en juin) a décidé de raccrocher les gants. A l'heure de prendre sa retraite, le gardien qui a disputé le plus de matches en Ligue 1 sous le maillot "Bleu et Rouge" (145) est revenu sur quelques uns des souvenirs marquants de son aventure caennaise.

Le jour où Rémy Vercoutre a rencontré Julien Féret (été 2014)

"Avec Julien, au bout de 15 secondes, on est devenus amis"

"Avec Julien, avant de s'engager tous les deux à Caen, on ne se connaissait pas trop. Le jour de notre signature, on s'est retrouvés à manger ensemble avec nos agents respectifs, Alain (Cavéglia, le directeur sportif), Xavier (Gravelaine, le directeur général) et le président (Jean-François) Fortin. On a passé un moment délicieux tous ensemble. Le président nous a expliqué ce qu'il attendait de nous. Et avec Julien, on a matché de suite. Au bout de 15 secondes, on est devenus amis. Les bases étaient jetées.

Avec Julien, on est arrivés en plein pendant les Jeux Equestres Mondiaux. Durant cinq mois, on s'est préparés sur un terrain qui n'était pas digne de la Ligue 1 et on s'est changés dans des algecos. Ce fut assez épique ! D'ailleurs, ça nous a valu un paquet de fous rires avec Julien. Au moment de notre signature, Alain avait été très malin. Il nous avait fait visiter le stade, la ville mais à aucun moment on avait vu les terrains d'entraînement. Alain avait omis de nous signaler toutes les choses qui auraient pu nous empêcher de signer. C'était très bien joué de sa part (sourire)".

Le jour où Rémy Vercoutre a mis un échec Zlatan (SM Caen - Paris SG 0-3, 19 décembre 2015)

"Cet arrêt a fait la fierté de mon fils"

"Je me rappelle plutôt bien de cette action. Zlatan se présente face à moi et tire sur le côté. Sa frappe n'est pas très forte et je la repousse sur le côté mais Lucas a suivi. Je reviens dans mon but pour repousser sa tentative du poing juste devant la ligne. Je finis au fond des filets. Pendant ce temps-là, Zlatan frappe sur la barre. Le ballon monte dans le ciel. Je vois Damien (Da Silva) occuper une partie du but, je me dis que je vais prendre l'autre. Zlatan exécute un ciseau retourné que je sors du bout du pied en corner.

Cet arrêt a fait la fierté de mon fils. Ça a frappé les esprits. Ce sont des images marquantes. Ça restera un bon souvenir pour mes vieux jours. Pendant longtemps, ce fut l'arrêt de la saison même s'il est presque anecdotique car on avait perdu 3-0 ce jour-là. A l'époque, on était tout proche du podium (4e). On avait eu l'impression de prendre une claque. Sauf que derrière, on a pris deux fois 6-0 contre le PSG…".



Le jour où Rémy Vercoutre est devenu 100% Caennais (SM Caen - Lyon 3-0, 9 mai 2015)

"J'ai senti qu'il fallait que je réponde présent"

"Ce jour-là, je passais en quelque sorte un test vis-à-vis des supporters caennais. Ils attendaient de voir ce que j'allais donner contre mes anciens coéquipiers dans un match aussi important. Il faut se rappeler le contexte : Lyon jouait le titre et nous, pour ne pas descendre. J'ai senti qu'il fallait que je réponde présent. Pour l'anecdote, je me blesse la veille en retombant sur un piquet en fer au niveau de ma hanche. Le matin du match, quand je me lève, je ne peux pas marcher. Pour que je sois sur le terrain, il a fallu que le Doc m'endorme la douleur.

Ça se finit bien. On gagne 3-0 avec un doublé de Nico Benezet. Avec cette victoire, on était presque sauvés. Ce soir-là, il nous manquait un point mais avec le recul, on s'est aperçus que ce succès nous suffisait. C'est un grand souvenir. Ça avait frappé les esprits. Il est marquant. Il y avait une atmosphère très particulière au stade avec une ambiance incroyable. Je me rappelle que N'Golo (Kanté) avait réalisé un super match. Thomas (Lemar) avait donné un ballon magnifique de but à Sloan Privat à la fin".

Le jour où Rémy Vercoutre s'est senti infranchissable (Guingamp - SM Caen 0-1, 4 février 2017)

"Il y a des jours comme ça où tout vous sourit"

"On avait réalisé un hold-up parfait. On avait été acculés sur notre but pendant 90' avant de marquer à la 93'. En plus, c'était un match charnière pour se sauver. C'est vrai que ça fait partie des matches où j'avais été assez sollicité. Tout me réussissait. Même si je plongeais à droite et que le ballon partait à gauche, il était dévié pour me revenir dessus (sourire). Juste avant notre but, je sors du pied une tête piquée de Jimmy (Briand) suite à un corner. C'est en quelque sorte la première passe de l'action qui amène le but de Yann (Karamoh).

Je suis quelqu'un qui aime les habitudes. J'avais une routine qui me permettait de me rassurer. Je faisais tout le temps la même chose, toutes les semaines, y compris chez moi. Je ne pense pas qu'il y ait d'explication rationnelle sinon je l'aurais appliqué pendant mes 250 matches. Il y a des jours comme ça où tout vous sourit, tout se passe bien, où vous sentez les choses. Vous arrivez à lire les trajectoires, à deviner ce que l'attaquant va faire avec le petit dixième d'avance qui fait toute la différence".



Le jour où Rémy Vercoutre a décidé de prendre sa retraite (l'été dernier)

"Je suis reparti tout en sachant que c'était ma dernière saison"

"L'année dernière, quand on s'est sauvés à Paris, j'ai accusé beaucoup de fatigue nerveuse notamment. J'ai eu beaucoup de mal à décompresser, à basculer vers mes vacances. Je me suis posé la question de savoir si j'allais repartir cette saison. J'ai beaucoup hésité. Après en avoir discuté avec ma famille, on s'est dit qu'il fallait aller au bout de l'histoire.

Je suis donc reparti tout en sachant très bien que c'était ma dernière saison. Dès le stage de préparation en Bretagne, j'ai été très clair avec le coach (Patrice Garande). On a eu une discussion très franche dans sa chambre où je lui ai indiqué que, quoi qu'il arrive, je ne reviendrais pas sur ma décision ; ce qui me permettait de profiter un maximum de cette saison tout en préparant mon après-carrière".

Le jour où Rémy Vercoutre a reçu l'hommage de d'Ornano (SM Caen - Paris SG 0-0, 19 mai 2018)

"Je suis conscient d'avoir été un privilégié"

"C'était un peu particulier, car on ne connaissait pas l'issue de la saison. Est-ce qu'on allait se maintenir, disputer le barrage ? Au final, ça se termine super bien. D'une part, on a fait ce qu'il fallait sur le terrain pour se sauver. Les copains ont été extraordinaires. Derrière, le club a magnifiquement fait les choses en me permettant de rentrer sur la pelouse avec mes enfants, mes parents, ma famille. J'avais fait venir une bonne quarantaine de personnes. C'était prévu depuis longtemps. Mes proches étaient très émus.

J'ai pu effectuer un tour d'honneur pour dire au revoir à tous les supporters. J'ai entretenu une superbe relation avec eux. C'était la moindre des choses compte tenu de tout ce qu'ils m'ont apporté. Il y a eu aussi cette petite vidéo sur les écrans géants du stade et puis cette surprise avec ce magnifique portrait qui m'a été offert. Qui plus est par mon pote Julien (Féret). C'est très symbolique. Je suis conscient d'avoir été un privilégié. A l'exemple de Nico (Seube) l'an dernier ou de d'autres joueurs cette saison qui vont partir, même si ce n'est pas encore officiel, tout le monde n'a pas eu le droit à cette belle fin".


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