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Rétro. Demi-finale de la Coupe de la Ligue 2005 - SM Caen / Monaco 3-1

Dans son histoire, le Stade Malherbe a déjà disputé et remporté une demi-finale de coupe nationale. Il ne s'agissait pas de la Coupe de France mais de sa petite sœur, la Coupe de la Ligue. Le 2 février 2005, dans un d'Ornano en ébullition, les "Bleu et Rouge" compostaient leur billet pour le Stade de France en terrassant l'AS Monaco de Didier Deschamps. Auteur du troisième but sur penalty, Cyrille Watier revient sur cette soirée magique qui comporte quelques similitudes avec la future confrontation contre le PSG.

A l'heure d'accueillir l'AS Monaco en ce début du mois de février, le Stade Malherbe - de retour en Ligue 1 après sept saisons à l'étage inférieur - lutte pour son maintien. Venant de concéder un nul contre Lille, les hommes de l'entraîneur Pascal Rémy occupent la 16e place au bout de 24 journées avec deux points d'avance sur la zone rouge. Grâce notamment à deux qualifications à l'issue de la séance des tirs au but (ça ne vous rappelle rien), les "Bleu et Rouge" atteignent donc en parallèle le dernier carré d'une coupe nationale pour la première fois de leur histoire. "Pour nous, cette demi-finale représentait plus qu'un match. On savait qu'on se trouvait à 90' du Stade de France. Peut-être que c'est exagéré, mais on avait la possibilité d'envoyer la ville de Caen au Stade de France. C'est un match qui marque une carrière. Tu n'en disputes pas un tous les jours", se souvient Cyrille Watier.

"On savait qu'on était capable de les battre. On l'avait fait en championnat"

Et en demies, c'est le club de La Principauté - troisième du classement mais surtout finaliste de la Ligue des Champions quelques mois auparavant - qui les attend. "Quand on a appris le tirage au sort, ma réaction était mitigée. Ça restait le petit Stade Malherbe qui défiait le grand Monaco. C'est un peu comparable avec le PSG d'aujourd'hui. Même si je pense qu'à l'époque, il fallait mieux recevoir Monaco que de se rendre à Saint-Etienne (la seconde affiche opposait les "Verts" à Strasbourg)".

Différence de taille avec la future confrontation contre les Parisiens, les protégés d'un certain Didier Deschamps sont toujours en lice dans "la Coupe aux grandes oreilles". Et dans la perspective des 8e de finale trois semaines plus tard*, l'actuel sélectionneur de l'équipe de France se présente à d'Ornano avec un onze de départ largement remanié : Flavio Roma, François-Joseph Modesto, Lucas Bernardi, Andréas Zikos, Mohamed Kallon, Javier Saviola et Ernesto Chevanton, titulaires habituellement, étant tous restés sur Le Rocher. "On a interprété ça comme une chance supplémentaire de se qualifier. Toutefois, je ne pense qu'il y avait moins de motivation en face. Même quand vous êtes remplaçants à Monaco, c'est quelque chose d'aller au Stade de France", imagine l'ex-attaquant normand.

Cyrille Watier triple la mise au retour des vestiaires

Loin de se soucier de la composition adverse, les partenaires du capitaine Steve Dugardein attaquent cette demie sans aucun complexe. "L'enjeu ne nous a pas paralysés. On savait qu'on était capable de les battre. On l'avait déjà fait à l'aller en championnat chez nous (1-0 sur une réalisation de… Cyrille Watier). Par contre, au retour, on avait pris une fessée là-bas (5-2)", n'a pas oublié le meilleur goleador de l'histoire du SMC (61 buts). "On était tous extrêmement motivés et concentrés. On s'est tous défoncés pour le même objectif. Ce soir-là, on a senti une équipe de Caen très solidaire. Une bonne bande de copains".

"Inscrire ce troisième but sur une contre-attaque les a refroidis"

Sur le terrain, le scénario est quasiment parfait pour les "Bleu et Rouge". Menant 2-0 à la mi-temps grâce à Sébastien Mazure et Reynald Lemaître, ils enfoncent le clou au retour des vestiaires avec une troisième réalisation sur penalty signée Cyrille Watier. "Les Monégasques poussaient énormément à ce moment-là. Inscrire ce troisième but suite à une contre-attaque les a refroidis. Surtout qu'après, ils se sont retrouvés à dix. Fabien Audard me tacle les deux pieds décollés très loin de sa surface. Un geste très dangereux". Heureusement sans séquelle physique pour le n°17 du Stade Malherbe qui pourra fêter comme il se doit cette qualification ; la réduction du score d'Emmanuel Adebayor se révélant anecdotique.

"Je ne suis pas non plus du genre à tout casser dans un vestiaire sous prétexte qu'on a gagné ou qu'on a perdu. J'étais surtout heureux d'avoir la possibilité de jouer au Stade de France. Moi qui suis devenu professionnel sur le tard, à 27 ans. Mais c'est vrai qu'au coup de sifflet final, il y a une communion assez extraordinaire avec le public. Le match se jouait presque à guichets fermés. Cette ambiance s'est prolongée jusqu'au Stade de France. C'était énorme. On a perçu un engouement au quotidien à l'entraînement, dans la rue. Même si on galérait en championnat, les gens nous suivaient. Je me rappelle même que des supporters ont dormi dans leur voiture pour acheter des places pour la finale. On ne peut pas rester insensible à ça". Les coéquipiers de Julien Féret payeraient cher pour vivre une soirée aussi inoubliable mercredi soir.

*L'AS Monaco sera éliminée par les Néerlandais du PSV Eindhoven (1-0, 2-0).

Coupe de la Ligue. Demi-finale - 2 février 2005

SM CAEN - MONACO 3-1

Stade Michel-d'Ornano. 18 697 spectateurs.

Mi-temps 2-0.

Arbitrage de M. Philippe Kalt.

Buts : Mazure (31'), Lemaître (42'), Watier (sp 52') pour Caen ; Adebayor (sp 82') pour Monaco.

Avertissements : Lemaître (8'), Dugardein (59') à Caen ; Camara (57') à Monaco.

Expulsion : Audard (64') à Monaco.

  • SM Caen : Vincent Planté (g) - Nicolas Seube, Cédric Hengbart, Jérémy Sorbon, Ibrahima Faye, Steve Dugardein, Reynald Lemaître, Anthony Deroin, Ljubisa Rankovic (Grégory Dufer, 35'), Sébastien Mazure (Jimmy Hébert, 62'), Cyrille Watier. Remplaçants : Steeve Elana (g) - Gaël Suares, Zoran Jovicic. Entraîneur : Patrick Rémy.
  • Monaco : Fabien Audard (g) - Joseph Oshadogan, Julien Rodriguez (cap), Gaël Givet, Olivier Veigneau (Patrice Evra, 69'), Hassan El Fakiri, Diego Perez, Pontus Farnerud, Shabani Nonda (André Biancarelli, 64'), David Gigliotti (Emmanuel Adebayor, 69'), Souleymane Camara. Remplaçants : Sébastien Squillaci, Jaroslav Plasil. Entraîneur : Didier Deschamps.

 

SA VIE D'EX

"J'ai marqué neuf buts pour mon dernier match"

Au terme de sa carrière professionnelle en 2007 qui l'a conduit de Lorient - son club formateur - à Laval en passant par le Stade Malherbe et Guingamp, Cyrille Watier (45 ans) est retourné s'installer dans son Morbihan natal. Toutefois, le ballon rond n'est jamais très loin. "J'ai joué jusqu'à la saison dernière à Ploemeur (R3). Pour mon dernier match, j'ai marqué neuf buts ! Quitte à arrêter, je me suis dit autant le faire bien. Et en face, ils étaient venus à dix et sans envie de jouer. Ils sont repartis avec un 15-0 ou un 15-1", témoigne celui qui s'occupe aussi de l'équipe féminine de ce club breton depuis trois saisons.

Les crampons désormais raccrochés, Cyrille Watier s'est mis à la course à pied. Tout sauf une surprise pour ceux qui l'ont côtoyé. "J'ai couru toute ma vie. J'avais déjà le foncier. Il fallait juste remettre la machine en route", explique l'ex-attaquant caennais qui prépare un marathon pour le mois de juin. Professionnellement, après avoir ouvert un garage de voitures anciennes en provenance des Etats-Unis puis avoir repris son métier de pâtissier qu'il exerçait avant de vivre du football, Cyrille Watier travaille dans un magasin de sport depuis deux ans. "Je suis au rayon course à pied. Comme les clients savent que je suis un ancien footeux pro, ils me demandent des conseils sur leur préparation physique".

 

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