Centre de formation : s'unir face à la concurrence !
Depuis dix ans, les dirigeants et les cadres du Stade Malherbe invitent les chefs d'entreprise qui versent leur taxe d'apprentissage au centre de formation et à son école technique privée. Objectif : faire le bilan des actions entreprises et informer des évolutions de la formation. Vendredi dernier, près de 200 personnes étaient présentes au stade D'Ornano, juste avant SM Caen - Guingamp. Reportage.
On ne plaisante pas avec la formation au Stade Malherbe Caen. Pas plus hier, aujourd’hui que demain. Car avec la flambée des salaires et des transferts, qui touche désormais les plus jeunes espoirs, le Stade Malherbe n’a pas d’autre choix que de créer sa propre richesse, en l’occurrence détecter et former les jeunes joueurs appelés demain à jouer en Ligue 1. Pour donner une idée assez précise de l’environnement concurrentiel qui sévit et de l’importance accordée à la formation à Caen, Jean-François Fortin, Michel Besneville et Gilles Sergent, président et membres du directoire, de même que Laurent Batteur, président du conseil de surveillance, ont joué groupés et affiché leur détermination.
Les quatre cadres majeurs du centre, Laurent Glaize, Dany Pain, Sébastien Bannier et Philippe Tranchant (de gauche à droite sur la photo, avec le joueur de CFA Nicolas Melet) ont précisé leur domaine d’intervention respectif et Pilou Mokkedel, chargé de l’animation, était au micro. Une forte mobilisation générale pour un sujet d’importance comme le soulignent les chiffres énoncés par le président : 3,2 millions d’euros sont investis dans le fonctionnement du centre de formation dont 380 000 proviennent du versement de la taxe d’apprentissage par la centaine d’entreprises partenaires.
«Notre argumentation n’est pas financière»
«Votre aide est vitale parce qu’elle permet aux jeunes de disposer d’une structure scolaire exceptionnelle, avec des horaires aménagés dans une vingtaine d’établissements de l’agglomération, un suivi très sérieux, individualisé et un tutorat assuré sur place par une soixantaine de professeurs. 95% de nos jeunes obtiennent les diplômes pour lesquels ils travaillent et l’encadrement au quotidien est basé sur une organisation et une éducation rigoureuses. Ils sont tous là pour réussir leur rêve, devenir des joueurs professionnels de Ligue 2 ou Ligue 1 mais les statistiques démontrent que 4 à 5% seulement réussiront. Nous faisons en sorte que tous sortent d’ici avec un diplôme, une formation, une culture et une éducation qui leur permettront de s’intégrer professionnellement et socialement. Il en va de notre responsabilité de dirigeants mais pour un club comme le nôtre, notre structure d’hébergement, l’encadrement technique, la vie scolaire et la chance que le staff professionnel offre aux jeunes sont nos véritables atouts pour concurrencer les clubs qui, très riches, offrent des primes à la signature considérables. Ce que nous ne pouvons et refusons de faire…».
Les responsables du centre ont donc souvent «gain de cause» quand ils ont devant eux des parents conscients que leur fils ne sera pas forcément une star du football, qu’un accident peut briser l’avenir rêvé. «Quand certains clubs peuvent faire un chèque de 3 à 500 000 euros à des parents en difficulté pour que leur fils parte à 13 ou 14 ans, tous ne peuvent pas refuser. Et nous, on ne peut pas suivre, c’est clair. Mais quand ils viennent visiter nos installations, quand on fait le bilan des joueurs sortis du centre, de Gallas à Rothen en passant par Bodmer et Gouffran, ça leur parle aussi. On peut démontrer que les jeunes auront vraiment leur chance ici. Alors c’est clair, plus on peut investir dans le centre et la qualité des services offerts aux jeunes, mieux c’est… Notre argumentation n’est pas financière mais beaucoup de parents y sont heureusement sensibles…»
Dany Pain, responsable de la scolarité au centre, qui gère l’opération taxe d’apprentissage, se donne un objectif « 500 000 euros la saison prochaine ! ». Aussi, Laurent Batteur, président du conseil de surveillance, était en phase avec Jean-François Fortin sur le niveau des investissements à engager chaque année. «Et qui pèse particulièrement lourd dans un budget de club de Ligue 2 mais cette saison, que nous espérons transitoire, nous avons tenu à rester au niveau au prix de réels efforts financiers». 3,2 millions d’euros engagés dans la formation, c’est pratiquement 50% du budget global d’un club comme Arles-Avignon… qui ne possède pas de centre de formation.
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