Anthony Deroin est un homme pressé
Opéré d'une pubalgie à l'adducteur, l'emblématique meneur de jeu du SM Caen a vécu la saison passée, dans le rôle de l'intermittent frustré. A quelques semaines du retour en Ligue 1, Titi n'a qu'une hâte : "retrouver le chemin des terrains". Ou comment l'enfant du pays va tout faire pour redevenir acteur à part entière.
On l'a souvent plaint, Anthony Deroin. Fréquemment, on s'est dit que ce qui lui arrivait était quand même le comble de la malchance. Et que le poids de la poisse n'est jamais du genre léger à se coltiner. Vrai que Titi nous a fait peur, on s'est parfois surpris à imaginer que ces événements-là allaient finir par le changer.
Sauf que le bonhomme est de ceux qu'on écoute et qu'on finit par croire sur parole. Il reste quelques nuitées avant l'été et le recordman des matches pros avec le Stade Malherbe (365 au compteur) est plus déterminé que jamais : "Je suis pressé d'y retourner. Je dois être l'un des seuls car lorsque tu joues toute une saison, tu savoures les vacances. Mais, moi, des vacances, j'en ai eu beaucoup trop depuis quelque temps..."
"Ne pas en faire une obsession"
Lié au club jusqu'en juin 2012, le président des amateurs de l'AS Rots s'est promis d'évacuer le cauchemar de la saison passée. "Cette pubalgie me gênait depuis trois ans, il fallait donc absolument faire quelque chose. Après, même s'il y aura forcément un peu d'appréhension au départ car la peur que ça recasse existe toujours, je ne veux surtout pas en faire une obsession. J'ai fait le nécessaire pour me soigner. Maintenant, je repars de zéro".
On lui suggère que retrouver le niveau qu'on lui connaît prendra probablement plusieurs semaines. Et Titi ne se démonte pas. "Je comprends qu'on puisse se poser la question, c'est normal. Mais, moi, j'ai confiance. Je sais que ce genre de défi me transcende et m'a souvent fait avancer dans ma carrière. Quand on fait ce métier, on est forcément compétiteur. Mes deux dernières années de contrat au Stade Malherbe, j'ai envie de les honorer. Je veux être de nouveau utile à l'équipe".
Lui, qui n'a participé qu'à 10 des 38 matches de championnat la saison passée, sait trop combien jouer les intermittents est frustrant. "Tu essaies d'aider, de donner des conseils. Mais, tu es forcément un peu en retrait car le statut de leader s'exerce avant tout sur le terrain". A 31 ans, sûr qu'Anthony Deroin a encore beaucoup à apporter à ce club qu'il aime tant. Nul ne peut, après tout, atteindre l'aube sans passer par le chemin de la nuit.
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