
Solides vainqueurs de Lille (2-0) le week-end dernier, Paul REULET et ses partenaires ont bouclé un sixième match consécutif sans défaite et rendront visite au PSG, l'épouvantail du championnat, dimanche prochain. Avant le choc, l'entraîneur François RODRIGUES fait le point.
François, ton équipe occupe la quatrième place du championnat national, après dix journées. Comment juges-tu son début de saison ?
C'est plutôt satisfaisant. Compte tenu de la configuration de nos équipes et du fonctionnement qu'on a souhaité mettre en place, c'est très positif. On se rend compte, chaque dimanche, qu'on est très, très jeunes. Le week-end dernier, Lille n'alignait ainsi que des joueurs nés en 1993 et 94. Nous, on avait cinq 1995 et un 1996. C'est dire la différence.
Pourtant, les résultats sont très bons...
Tout simplement parce que les garçons ont parfaitement compris notre logique de formation. L'idée, c'est que nos joueurs, s'ils en démontrent les possibilités, acquièrent de la maturité en évoluant dans la catégorie supérieure. C'est de la promotion interne, afin d'aider le joueur à s'aguerrir. La conséquence, c'est que, dans chacune de nos équipes, on est très jeunes, parce qu'on récupère des garçons issus des catégories inférieures. Mais c'est très positif dans le projet de formation global.
"Contre Lille, j'avais six internationaux sur la pelouse"
Vos performances actuelles te surprennent ?
Pas plus que ça, car, quoiqu'il arrive, le talent est là, on l'a. Contre Lille, j'avais peut-être beaucoup de jeunes mais sur les 1994, 95 et 96, j'avais six internationaux alignés sur la pelouse (REULET, CHEMLAL, DOUMBIA, MARIE, LEMAR, BRUNARD), c'est quand même extraordinaire et ça prouve la qualité du travail qu'on réalise au Centre de Formation. Ce qui me surprend surtout, c'est la capacité qu'ont tous ces joueurs à se mettre rapidement au diapason. Il y a de l'intensité dans un match U19 et eux répondent et ne baissent pas de pied. Quand c'est costaud en face, ils déjouent le duel avec de la malice, de l'intelligence, de la technique...
Ils deviennent aussi de vrais compétiteurs. Au quotidien, sens-tu une réelle progression sur cet aspect ?
C'est indéniable. Chaque semaine, je leur répète qu'on a beau avoir du talent, il faut avoir la mentalité qui va avec, c'est à dire celle d'un vrai compétiteur. J'ai le sentiment que c'est ancré, quelque chose d'inné. Soit tu l'as au départ, soit tu ne l'as pas. Mais là où tu peux réellement les faire progresser sur cet aspect, c'est lorsque tu as l'impression que c'est enfoui en eux. Souvent, c'est le cas. Et la réalité, c'est que, pour le métier auquel ils prétendent, il faudra qu'ils soient de vrais compétiteurs, ils n'auront pas le choix. Sinon, ils ne passeront pas.
"On s'inscrit déjà dans une configuration Gambardella"
Le Paris Saint-Germain, votre prochain adversaire, est impressionnant (8 défaites et 2 nuls en 10 matches). C'est alléchant ?
On ne va pas le cacher, c'est prestigieux, c'est une belle affiche. Même si on respecte profondément notre adversaire, on ira sans crainte, avec l'envie de gagner. Avranches est allé décrocher un nul là-bas, c'est ce qui me fait dire qu'on peut accrocher le PSG et, pourquoi pas, le battre. Après tout, on n'a qu'une défaite au compteur, on a des arguments et ce match-là représente une vraie source de motivation. L'important, c'est l'esprit. Dans ma tête, on s'inscrit déjà dans une configuration Gambardella, c'est à dire qu'on doit se mettre dans l'idée que c'est un match couperet, qu'on doit tout faire avec l'ambition de gagner et en se disant qu'il n'y aura pas de seconde chance.
Justement, la Gambardella et les play-off, ce sont des choses qui trottent déjà dans ta tête ?
Les play-off, c'est loin. Je n'ai pas le sentiment que, sur la durée, on soit suffisamment armés pour tenir. Mais qui sait ? On en reparlera dans trois mois... En ce qui concerne la Gambardella, c'est autre chose, ça va arriver très vite (1/64 Finale le 8 janvier). Il y a beaucoup de facteurs qui entrent en ligne de compte mais c'est vrai que j'aimerais qu'on fasse un truc dans cette compétition. Pour des garçons de cet âge, ce sont des souvenirs inoubliables, ça pimente le quotidien du championnat. Sans oublier que cette équipe pourrait, potentiellement, donner le vertige. Pour les générations 1993, 94 et 95, il y a quand même des joueurs comme NANGIS, NIANG, MBONE, TANDIA, GUERREIRO ou encore GIBEL... Mais ça, c'est sur le papier car les priorités, ce sont évidemment la Ligue 1 et la CFA. Et il est donc parfaitement logique que la Gambardella n'arrive qu'après.
U19 Nationaux (11e journée) : PARIS SG - SM CAEN, dimanche (15H), au Camp des Loges.


