
Finaliste de la Coupe Gambardella comme joueur en 1994, l'entraîneur de l'équipe U19 raconte son attachement à l'épreuve.
Sébastien, qu'est-ce que le mot "Gambardella" évoque pour toi ?
Beaucoup de très bons souvenirs. Comme joueur, je l'ai jouée trois années de suite : une première avec l'ASPTT Caen en étant surclassé et les deux autres avec Malherbe. Le souvenir marquant reste notre finale perdue contre Lyon (0-5) en 1994. On était une bande de potes et l'image que je garde, c'est celle d'une aventure humaine extraordinaire. La Coupe, c'est ça ! Autour de notre staff - Pascal THEAULT, Marc DENIS, Vincent LAIGNEAU - on avait vécu une épopée absolument géniale qui marque à vie. La preuve, c'est qu'aujourd'hui, vingt ans plus tard, on m'en reparle et je m'en souviens comme si c'était hier...
Quels souvenirs précis conserves-tu de cette épopée ?
D'un point de vue sportif, on avait battu des équipes de renom qui, sur le papier, étaient bien plus fortes que nous : Angers en 1/8, Strasbourg (avec DACOURT et ISMAEL) en 1/4 et Monaco (avec Thierry HENRY) en demi. On met tout de même 4-1 à cette équipe monégasque, ce n'est pas rien... On avait des joueurs au-dessus du lot (SOMMEIL, NEE, TCHATO) qui rendaient les autres meilleurs. Sur le plan humain, ce qui me revient, ce sont surtout les moments de convivialité après nos victoires. L'après-match de la demi-finale qu'on avait disputée à Tours (sur terrain neutre), c'était quelque chose... Ces aventures-là génèrent toujours beaucoup d'émotions. Il se crée quelque chose de fort entre les joueurs, le staff et les dirigeants. Aujourd'hui, encore, lorsque je croise un de mes partenaires de l'époque, on en reparle. Une telle épopée, ça te lie à jamais...
"Plus tu avances, plus tu croises du lourd..."
Quand on a atteint la finale, se crée-t-il des affinités particulières avec l'épreuve ?
Forcément ! Moi, la Gambardella, j'adore... C'est l'équivalent en U19 de la Coupe de France pour les Seniors, ce sont des matches sans rattrapage où se développe une adrénaline particulière. Quand tu entres dans l'épreuve, tu n'as aucune garantie sur le résultat, sur la durée de l'aventure. Un parcours en Gambard', ça ne peut durer que 90 minutes, c'est malheureusement une possibilité aussi... Cette fragilité crée quelque chose d'unique... Alors, pour moi, ce sera également assez étrange car c'est la première fois que je vais diriger l'équipe qui va la disputer... Depuis 20 ans et cette finale contre Lyon, c'est la première fois que je vais "rejouer" la Gambard'...
En quoi la Gambardella est formatrice pour un jeune footballeur ? Qu'est-ce qu'elle peut lui apporter ?
Au-delà de tout ce qu'on peut en dire sur l'aspect émotionnel, c'est surtout une compétition de haut-niveau. Plus tu avances dans l'épreuve, plus tu croises du lourd... Et puis, sur le plan du jeu, c'est le phénomène du match couperet. Au bout du match, il faut un vainqueur, il n'y a pas de résultat nul... Avoir cette émulation, cette obligation de gagner, c'est ce à quoi tu dois te préparer si un jour tu veux être pro. Et puis, concrètement, il y a un apprentissage lié à la gestion du stress, du public et des médias, si tu viens à passer plusieurs tours. C'est une compétition éphémère dont les joueurs doivent profiter car ils ne pourront la disputer que trois fois au maximum, il y a plein de choses à apprendre...
En tant que coach, ressens-tu l'envie de faire partager ton expérience de la Gambardella à tes joueurs ?
Dès que j'ai pris l'équipe fin juillet, j'ai évoqué le championnat et la Gambardella dans ma première causerie. J'ai voulu tout de suite leur montrer que je faisais de cette Coupe un véritable objectif, que ça pouvait offrir une belle vitrine au club, mettre en valeur le travail qui est fourni au quotidien. Tous les joueurs se sentent concernés. De toute façon, même si certains ne l'étaient pas suffisamment, j'essaierais de leur faire comprendre qu'il y a plein de belles choses à vivre grâce à cette compétition. La Gambard', c'est fragile mais c'est excitant, ça tient à rien... A nous d'écrire notre histoire...


