"On prenait un plaisir fou à se retrouver ailleurs que sur le terrain"

On a profité de cette période de confinement pour prendre des nouvelles de Grégory Leca. Après 8 saisons et plus de 200 matchs au Stade Malherbe Caen, il est aujourd'hui enseignant en activité physique adaptée. Une interview pleine de nostalgie pour l'ancien défenseur des "rouge et bleu".

Arrivé en 2005 au Stade Malherbe Caen, Grégory Leca aura passé 8 saisons chez les "rouge et bleu"
Arrivé en 2005 au Stade Malherbe Caen, Grégory Leca aura passé 8 saisons chez les "rouge et bleu"

Greg, pour commencer, peux-tu nous donner de tes nouvelles ?

"Je suis retourné à Metz, ma ville natale avec ma femme et mes enfants. Aujourd’hui je bosse au CHRU de Nancy, je travaille en réadaptation cardiaque, je suis enseignant en activité physique adaptée, j’interviens auprès de patients atteints de pathologie cardiaque."

Es-tu confronté au COVID_19 en travaillant dans le milieu hospitalier et dans une région qui est l’une des plus touchées ?

"Je ne fais pas partie du corps médical donc je ne peux pas donner de coup de main dans les services concernés par le COVID. J’ai repris il y a deux jours, j’interviens en médecine du sport où je fais pratiquer de l’activité physique au personnel qui a besoin de se vider la tête après ces longues semaines de travail. Ça a été une situation pas simple à gérer à Nancy même si c’est un peu mieux depuis quelques jours. C’est très particulier, on fait en sorte de respecter le confinement pour éviter la propagation même s’il y a des conséquences sociales et économiques pour tout le monde. On s’est reconverti en tant que professeur pour que les enfants gardent le rythme, on fait en sorte qu’elles soient assez autonomes quand même."

Quel est ton parcours depuis la fin de ta carrière il y a sept ans ?

"j'aime cette pédagogie pour accompagner les patients"

"À l’arrêt de ma carrière, j’ai repris mes études, j’avais envie de m’ouvrir de nouvelles portes. Je suis resté deux ans sur Caen pour faire une licence en activité physique adaptée santé. La solution de facilité aurait été de rester dans le milieu du football mais il y a très peu de places pour beaucoup de prétendants. J’avais cette envie de voir autre chose, ça reste une approche différente du coaching personnel, on travaille avec des personnes qui ont des pathologies assez sévères. J’aime beaucoup cette pédagogie à mettre en place pour accompagner ces personnes dans leur reconstruction. Ça reste un job de proximité, c’est ce qui me plaisait dans le football, cette relation dans un groupe ou même avec les supporters."

Pour revenir sur ton passage au Stade Malherbe, comment expliques-tu que tu sois resté aussi longtemps (8 saisons) ?

"Simplement parce que je suis assez fidèle dans mes engagements. J’ai rencontré des personnes qui m’ont donné envie de rester dans ce club. On a eu un effectif qui nous a permis de monter en Ligue 1, c’était un groupe formidable avec Brahim (Thiam), Cédric (Hengbart), Lilian (Compan)… Je pourrai tous les citer un par un. Pendant 4 ans, c’était une ambiance exceptionnelle et on a réussi à le faire ressentir sur le terrain avec de bons résultats et un sacré spectacle. Mes filles sont nées à Caen et ça a été mes meilleures années footballistiques au Stade Malherbe, j’en garde un superbe souvenir."

Cette vie de groupe, c’est ce qui faisait la différence à l’époque ?

"Oui vraiment. J’ai regardé le replay de Caen / Paris sur le Facebook la semaine dernière, on s’échangeait des messages avec Reynald (Lemaître), Titi (Deroin) ou encore Nico (Florentin). En regardant, on se disait qu’à travers le match, ça transpirait l’ambiance qu’il y avait dans le groupe, on se battait les uns pour les autres. On avait créé quelque chose, Franck Dumas nous laissait beaucoup de liberté et ça se ressentait sur le terrain. Ce sont des choses que l’on voit moins dans le football professionnel. Je me souviens d’une soirée une semaine avant de débuter la saison, c’était chez Nicolas Florentin, il y avait la totalité de l’effectif alors que souvent il y a quelques joueurs qui peuvent être  à l’écart. C’était mémorable, on a terminé à 5 heure du matin à danser sur la table. Ou encore le France / Brésil 2006 dans mon jardin avec tout le monde, toutes les semaines on faisait quelque chose et on prenait un plaisir fou à se retrouver ailleurs que sur le terrain. C’est ce qui m’a marqué pendant toutes ces années à Caen."

Si tu dois retenir un saison, ce serait laquelle ?

"ma plus belle saison, le titre de champion en ligue 2"

"Les deux premières années en Ligue 2, on était vraiment très costauds. On se souvient tous du match contre Créteil, on loupe la montée pour deux buts alors qu’on doit gagner 7-0, c’était de la folie. Ma plus belle saison, ça reste le titre de champion de France de Ligue 2 en 2010. Personnellement je fais une saison pleine, la meilleure de ma carrière. Entre 2006 et 2010, il y a eu une continuité, même après la descente, on a réussi à remonter aussitôt. Franck était resté en place même s’il y avait eu le retour en Ligue 2, il avait réussi à créé une belle alchimie entre tous les joueurs."

Et si tu devais parler d’une saison où il y a eu le plus de regrets ?

"Je dirai la saison où on avait une équipe pour se maintenir largement avec Steve Savidan, Fahid Ben Khalfallah ou encore Rémi Gomis. Il y a eu quelques soucis en interne puis beaucoup de sollicitations extérieures, il y avait pas mal de choses à gérer et ça a été une saison frustrante. C’était selon moi le meilleur effectif depuis de longues années au Stade Malherbe, comme quoi ça ne fait pas tout."

Est-ce que tu continues de suivre ce qu’il se passe au Stade Malherbe ?

"Oui bien entendu ! Je suis les résultats de très près puis il y a toujours dans anciens qui sont là avec Cédric et Nico dans les équipes de jeunes. Je suis avec grand plaisir puisque c’est mon club et ma région d’adoption, j’ai été à Caen pendant dix ans, ce n’est pas rien."

On a cru comprendre que vous étiez tous toujours en contact ?

"Je vois souvent Greg Proment puisqu’il est comme moi à Metz et on apprécie passer du temps ensemble. On joue au FC Metz en vétérans avec que des anciens professionnels et il y a aussi Laurent Agouazi et Jean-Philippe Caillet qui ont joué à Caen. Ces derniers jours j’ai eu Benjamin Nivet et Reynald Lemaître au téléphone. Quand je monte sur Caen, je vois toujours Titi Deroin et Nicolas Seube. Même Brahim Thiam quand il vient commenter à Metz, je vais boire un verre avec lui.

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