Jessy Pi, la constance au service du jeu

Arrivé cet été au Stade Malherbe, Jessy Pi possède déjà un CV bien complet du haut de ses 26 ans. De ses débuts à Marseille avec Monaco jusqu’à ses premiers pas sous le maillot caennais, le milieu défensif s’est forgé un caractère et une réputation de joueur généreux, sûr, aux performances constantes. Portrait.

Jessy Pi a inscrit cinq buts toutes compétitions confondues avec le Stade Malherbe Caen cette saison
Jessy Pi a inscrit cinq buts toutes compétitions confondues avec le Stade Malherbe Caen cette saison

Soir de match à d’Ornano. Dans l’ambiance si spéciale du vestiaire, Jessy Pi n’est pas du genre à prendre la parole devant les autres. « Ce n’est pas trop mon truc, » explique-t-il. Sa nature de bon équipier, le natif des Alpes-de-Haute-Provence la cultive différemment. « Je suis le type de mec qui ne se prend pas la tête, je fais des blagues et je parle avec tout le monde ! » Est-ce son côté sudiste ou tout simplement sa manière de prendre la vie du bon côté qui fait de lui l’homme qu’il est aujourd’hui ? Il n’en demeure pas moins que le rouge et le bleu qu’il revêt depuis l’été dernier lui siéent bien, lui qui a vite trouvé sa place dans le groupe malherbiste. Car Jessy Pi est un voyageur, et s’adapter, c’est un peu le fil conducteur de sa carrière. Il a ainsi déjà connu cinq clubs professionnels et a commencé sa carrière dans un contexte un peu fou, à Marseille avec l’AS Monaco, dans une soirée qu’il n’oubliera assurément jamais…

"une première au vélodrome avec l'as monaco"

Nous sommes alors le 1er septembre 2013. Le Stade Vélodrome est amputé d’une tribune mais comme au mistral, il faut peu de chose à l’incandescence pour s’y frayer un chemin. Au cœur du temple, Olympiens et Monégasques se tirent la bourre dans un crépuscule d’été. Sur le banc, face aux imposantes structures du stade, Jessy Pi n’a pas 20 ans. Tout le prédestine alors à rester vissé sur son siège. Seulement, tout bascule à la 9ème minute lorsque Jérémy Toulalan s’arrête, lâché par son adducteur. Dans sa zone technique, l’entraîneur monégasque Claudio Ranieri se pince les lèvres, ses fossettes s’étirent. Il tourne alors sa mine grave vers Jessy Pi : « Jessy, tu rentres ! ». « Moi ? » s’étonne le jeune espoir, si surpris d’être sollicité qu’il reste de marbre. « Toi ! » reprend fermement l’Italien. La pulsation cardiaque est vivifiante et le vainqueur de la Coupe Gambardella 2011 se lève, déterminé. L’échauffement sera bref. Alors que l’illustre Toulalan quitte le terrain, Jessy l’investit, accueilli par quelques sifflets dans cet environnement très hostile pour un joueur visiteur. Pour Pi, il faut faire fi de l’atmosphère, oublier les trois tribunes qui vocifèrent comme un seul homme. Il faut se mettre dans le bain mais ne pas s’oublier, bien solliciter son corps, s’échauffer tout en chassant déjà la performance. Dans le champ de vision du natif de Manosque,des numéros et des noms tourbillonnent dans le dos de leur porteur : le 8, le 11, le 17, Moutinho, Carrasco… Et au-devant, une chevelure longue et raide, celle de l’énergique Radamel Falcao…

C’est dans ce contexte unique, face aux André-Pierre Gignac, Dimitri Payet et autres Mathieu Valbuena que milieu caennais découvre les joies et les émotions du monde professionnel. Pour lui, c’est un démarrage mémorable avec à la clef une victoire marquante 2-1, au cœur d’une formation talentueuse où se trouver une place se révèle logiquement difficile. Avec 6 apparitions sous le maillot monégasque lors de sa première saison en pro, le débutant Jessy Pi décide d’aller s’aguerrir ailleurs. Sa carrière le mène coup sur coup à Troyes, à Toulouse et à Brest où il apparaît comme un joueur habile, capable de se fondre très aisément dans un collectif. Il se révèle ainsi précieux pour une équipe en quête de maintien dans l’élite comme Troyes ou de promotion depuis l’étage inférieur comme Brest qu’il n’a d’ailleurs pas suivi en Ligue 1 Conforama cet été. Le Malherbiste a en effet toujours préféré le jeu au banc, quitte à rejoindre une formation n’évoluant pas dans l’élite. « J’ai envie d’être sur le terrain, je ne me vois pas en Ligue 1 sur un banc, je préfère redescendre d’un échelon pour faire ce qui me plait : jouer. De fait, je suis heureux à Caen. » 

"On me disait que footballeur n'était pas un vrai métier"

Ce fan de Didier Drogba qu’il allait encourager à Marseille plus jeune est fils unique. Le football, il l’a « découvert par lui-même », lui dont la famille n’était pas spécialement portée vers le ballon rond. Aujourd’hui, les siens, sa femme et ses enfants complètent sa vie de footballeur et le Malherbiste s’adonne avec eux à toutes sortes d’activités, tout en simplicité. Il faut dire que le milieu de terrain « déteste passer son temps à ne rien faire ». Ce qu’il n’apprécie guère non plus, c’est qu’on puisse remettre en cause ses rêves et ses aspirations. Jeune élève, un jour où il déclamait à l’école qu’il souhaitait « devenir footballeur professionnel », une maîtresse lui avait répondu : « Jessy, footballeur, ce n’est pas un vrai métier ! ». Force est de reconnaître que l’ancien attaquant a bien fait de ne pas dévier de sa trajectoire. Désormais, cet amoureux du football qui s’est nourri lors de sa formation d’expériences auprès de figures comme Jérémy Toulalan ou Ricardo Carvalho est devenu un joueur sur lequel on peut toujours compter pour aller au charbon.  Jamais totalement hors du coup, l’ancien Monégasque n’est pas du genre à prendre le ballon pour dribbler toute la défense. Et comme la valeur mathématique dont il porte le même nom, saison après saison, Jessy Pi se révèle être une valeur constante au service de son collectif. Comme quoi, le hasard fait que certains footballeurs portent parfois très bien leur nom.

 

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